Les bidouilleurs informatiques adorent faire fonctionner le jeu Doom sur plein de machines : tests de grossesse, montres connectées, dans un fichier PDF et bien d’autres. Un développeur a fait encore plus fort : faire tourner Doom sur un protocole DNS.
Doom sur un DNS : pour quoi faire ?
C’est l’ingénieur en sécurité Adam Rice qui a publié les résultats de sa petite expérimentation sur son blog ce 21 mars 2026. Une blague d’ingénieur qui a fini par fonctionner. L’expérience a de quoi surprendre, car le DNS est l’un des mécanismes les plus invisibles d’Internet. On l’utilise sans y penser à chaque fois qu’on tape une adresse comme un site d’actualité ou une boutique en ligne.

Son rôle est simple en apparence : traduire un nom facile à retenir en adresse réseau compréhensible par les machines. Quand vous entrez un nom de domaine dans votre navigateur, votre appareil interroge des serveurs DNS pour savoir à quelle adresse IP correspond ce nom, afin de trouver la bonne machine sur Internet. C’est grâce à ça qu’on peut taper Rotek.fr pour se rendre sur Rotek, et pas une sombre adresse IP. Adam Rice a donc réussi à faire éxécuter Doom via un protocole DNS : la démonstration est d’aileurs en ligne sur une page Github.
Comment Doom a pu tourner sur ce protocole informatique
L’astuce repose sur une idée simple : au lieu de télécharger le jeu comme on le ferait normalement, les données sont découpées en petits morceaux puis stockées dans des enregistrements DNS, plus précisément des TXT records. Ces fragments sont ensuite récupérés un par un par le programme, qui les assemble de nouveau pour reconstruire le jeu en mémoire.

La version shareware de Doom a été divisée en environ 1 964 morceaux placés dans une zone DNS. Le script, écrit pour fonctionner avec PowerShell 7, interroge ces fragments, les rassemble, puis charge le moteur du jeu sans passer par une installation classique sur le disque. Attention : le DNS n’est pas une sorte de console de jeu ici : l’expérimentation l’utilise comme moyen de transport des données. Une exécution finement menée puisque le DNS n’est absolument pas conçu pour transporter de gros fichiers : les données ont du être découpées en très petits blocs, puis organisées et réassemblées. Et si c’est pour faire tourner Doom, alors là l’exploit est encore plus appréciable ! Doom fonctionne sur n’importe quoi, et c’est prouvé une nouvelle fois.




