Avec Free Max, Free a frappé un grand coup : de la 5G en illimité en France et dans 135 pays. Un bonheur lorsqu’on se rend au Japon ou au Maroc, mais aussi dans les DROM-COM. À condition de ne pas y rester trop longtemps, au regard des conditions tarifaires de Free. Édito.
Free Max est un forfait mobile formidable, mais pas pour tout le monde
L’image à la une de cet article montre les plaines armoricaines où Free propose effectivement un vrai forfait illimité longue durée, mais l’idée ici est plutôt de parler des départements et communautés d’outre-mer français. Bonne nouvelle : Free propose son forfait en illimité (appels, SMS, MMS et data) dans les DOM, à savoir la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique, Mayotte et La Réunion.

Le problème se trouve dans la brochure tarifaire de Free, disponible sur le site de l’opérateur. On peut y lire « Communications (appels, SMS/MMS et Internet mobile) depuis l’étranger l’Europe et les DOM sous réserve d’une utilisation raisonnable ». En clair, « en cas d’utilisation déraisonnable », Free pourra se permettre de facturer à ses clients les tarifs hors forfait, même si Free Max est « illimité ».
Free considère les DROM-COM comme l’étranger dans ses conditions tarifaires (et ce n’est pas le seul)
À la sortie de Free Max, nous pointions du doigt que le forfait le plus cher de Free n’était pas « 100% européen » comme le revendiquait l’opérateur. En réalité, Free applique la politique du « fair use » dans les destinations à l’étranger incluses. Une pratique à laquelle tous les opérateurs téléphoniques recourent et qui est également appliquée pour les autres forfaits de Free. Vous pouvez utiliser votre forfait Free Max à l’étranger « raisonnablement » et Free peut considérer votre utilisation « abusive ou anormale » si votre consommation et votre présence est « plus élevée en Europe et les DOM qu’en France métropolitaine pendant une période de 4 mois consécutifs ».

Le problème ici est que les DROM-COM sont considérés par Free comme hors de la France. En théoriFree Réunion, l’opérateur est bel et bien présent partout en France. Les forfaits ne sont néanmoins pas les mêmes : comptez 15,99 euros par mois pour 300 Go en 4G+/5G et avec les appels, SMS et MMS illimités. Sauf que là aussi, les conditions tarifaires peuvent considérer une utilisation de plus de 4 mois en métrophole comme abusive. Un problème qu’on trouve chez tous les autres opérateurs français malheureusement. Les DROM-COM ne sont pas aujourd’hui considérés comme la France métropolitaine en matière de politique tarifaire, y compris sur les forfaits mobiles internationaux. Les forfaits ne couvrent donc toujours pas de la même manière tout le territoire français.
Par ailleurs, Free n’inclus pas les COM, à savoir la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie Française ainsi que Wallis et Futuna dans ses forfaits mobiles, dont Free Max. Que ce soit pour les appels, SMS, MMS ou la data : il faut tout payer. On note que le forfait Sosh Voyage 200 Go a récemment accueilli la Polynésie Française dans son enveloppe de 40 Go valables à l’étranger. Aujourd’hui donc, tous les Français n’ont pas le même accès aux forfaits mobiles, même avec le nec plus ultra que représente Free Max. Un problème sociétal puisque les opérateurs n’ont pas l’obligation de couvrir tout le territoire français avec les mêmes politiques de prix. Cela s’explique avant tout par des coûts d’exploitation qui y sont plus élevés ainsi que des coûts d’itinérance. Ce qui reste néanmoins un problème pour les Français de ces territoires ultramarins ; les forfaits mobiles peuvent y être plus chers, tout comme l’alimentation, les soins, les transports, ou même les loyers. En 2022, l’Insee expliquait que « les communications (téléphonie, Internet et envois postaux) sont aussi plus onéreuses qu’en France métropolitaine, jusqu’à plus de +35 % en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. » Des écarts qui se réduisent, mais encore lentement.




