Lorsque vous percevez des dividendes via Degiro, Interactive Brokers, Trade Republic ou eToro et que vous optez pour le barème progressif au lieu de la flat tax, vous pouvez bénéficier d’un abattement de 40 % sur vos dividendes imposables. Cet avantage fiscal est méconnu de nombreux investisseurs qui restent par défaut à la flat tax de 31,4 % sans vérifier si le barème leur serait plus favorable. Mais attention : tous les dividendes ne sont pas éligibles à cet abattement, et des erreurs fréquentes consistent à l’appliquer à des revenus qui en sont expressément exclus.
Ce guide vous explique précisément quelles conditions doivent être remplies pour bénéficier de l’abattement de 40 %, quels dividendes en sont exclus (ETF irlandais, REIT, SIIC), comment l’activer dans votre déclaration, et comment FlashFiscal gère automatiquement la distinction entre dividendes éligibles et non éligibles, avec -15 € grâce au code ROTEK.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal. En cas de doute sur votre situation personnelle, rapprochez-vous d’un conseiller fiscal ou de l’administration fiscale.
Pourquoi l’abattement de 40 % sur les dividendes existe
L’abattement de 40 % est inscrit à l’article 158-3-2° du Code général des impôts. Il repose sur un principe simple : les dividendes que vous percevez proviennent de bénéfices déjà imposés à l’impôt sur les sociétés (IS) au niveau de la société. Quand ces bénéfices vous sont redistribués, vous les imposez à nouveau à l’impôt sur le revenu, ce qui constitue une forme de double imposition. Pour en atténuer l’effet, le législateur a prévu que seuls 60 % du montant brut des dividendes éligibles soient soumis à l’impôt sur le revenu (les 40 % restants étant abattus), à condition que vous optiez pour le barème progressif plutôt que la flat tax.
Cet abattement ne s’applique qu’à la composante impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026) restent calculés sur le montant brut total, sans abattement. Il n’est jamais automatique : vous devez expressément cocher la case 2OP de votre déclaration 2042 pour l’activer, ce qui déclenche l’option globale pour le barème progressif sur l’ensemble de vos revenus mobiliers.
Les trois conditions pour bénéficier de l’abattement de 40 %
Pour qu’un dividende soit éligible à l’abattement, trois conditions cumulatives doivent être remplies.
Condition 1 : être une personne physique résidente fiscale française. L’abattement est réservé aux particuliers domiciliés fiscalement en France. Les non-résidents, les personnes morales (sociétés, holding) et les expatriés ayant transféré leur résidence fiscale à l’étranger en sont exclus, même s’ils conservent des comptes en France.
Condition 2 : la société distributrice doit être soumise à l’impôt sur les sociétés. La société qui verse le dividende doit être imposée à l’IS (ou à un impôt équivalent) et avoir son siège en France, dans l’Union européenne, ou dans un État ayant signé avec la France une convention fiscale incluant une clause d’assistance administrative. En pratique, cela couvre la grande majorité des pays dans lesquels les investisseurs français placent leur épargne : États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Japon, Canada, etc.
Condition 3 : opter pour le barème progressif via la case 2OP. L’abattement ne s’applique jamais en flat tax (PFU). Il faut cocher explicitement la case 2OP dans votre déclaration 2042, ce qui fait basculer l’ensemble de vos revenus mobiliers de l’année (dividendes, intérêts, plus-values) vers le barème progressif. Vous ne pouvez pas appliquer le barème uniquement aux dividendes et la flat tax aux plus-values.
Les dividendes exclus de l’abattement de 40 %
C’est là que se concentrent les erreurs les plus fréquentes. Certaines catégories de dividendes sont expressément exclues de l’abattement, même si vous avez coché la case 2OP.
Les dividendes de REIT (Real Estate Investment Trust) et SIIC étrangers. Ces structures immobilières cotées (REIT américains comme Realty Income, SIIC européens) ne sont pas soumises à l’IS dans leur pays d’origine : leur régime fiscal spécifique les en exonère partiellement ou totalement. Leurs dividendes ne peuvent donc pas bénéficier de l’abattement de 40 %. Ils doivent être déclarés en case 2TS de la 2042 (et non en case 2DC) pour indiquer qu’ils sont non éligibles à l’abattement.
Les dividendes d’ETF distribuants domiciliés en Irlande ou au Luxembourg. Quand vous détenez un ETF comme le Vanguard FTSE All-World (VWRL) ou l’iShares Core MSCI World domicilié en Irlande, les dividendes distribués proviennent de l’entité irlandaise du fonds, pas directement des sociétés sous-jacentes. Ces fonds ne sont pas soumis à l’IS en Irlande selon les règles applicables aux UCITS. En conséquence, leurs dividendes ne sont pas éligibles à l’abattement de 40 %, même si les actions sous-jacentes (Apple, Microsoft, Nestlé) l’auraient été si vous les déteniez en direct.
Les revenus d’obligations et d’intérêts. Les intérêts perçus sur des obligations, des liquidités rémunérées ou des comptes de dépôt ne constituent pas des dividendes au sens fiscal. Ils ne bénéficient jamais de l’abattement de 40 %, quelle que soit votre option fiscale.
Comment déclarer ses dividendes avec l’abattement de 40 %
La mécanique déclarative dépend du type de dividende et de votre option fiscale.
Si vous optez pour le barème progressif (case 2OP cochée) et que vos dividendes sont éligibles à l’abattement, vous les déclarez en case 2DC de votre formulaire 2042 pour leur montant brut. L’administration applique automatiquement l’abattement de 40 % : seuls 60 % du montant entrent dans votre base imposable à l’IR. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent calculés sur le montant brut total.
Si vos dividendes sont non éligibles (REIT, SIIC, ETF irlandais ou luxembourgeois), vous les déclarez en case 2TS de la 2042. Aucun abattement ne s’applique : le montant brut est intégralement soumis à l’IR et aux prélèvements sociaux.
Pour les dividendes issus d’un courtier étranger, vous devez d’abord passer par le formulaire 2047 pour déclarer les revenus par pays d’origine, calculer les crédits d’impôt éventuels, puis reporter les montants en case 2DC ou 2TS selon la nature du dividende. C’est l’une des distinctions que FlashFiscal gère automatiquement depuis votre relevé courtier, en identifiant la nature de chaque ligne de dividende.
L’abattement de 40 % est-il toujours intéressant ?
Pas nécessairement, et cela dépend entièrement de votre taux marginal d’imposition (TMI). Voici une comparaison concrète pour 10 000 € de dividendes éligibles en 2026.
| Régime | Base IR | Taux IR | Impôt IR | PS (18,6 %) | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| Flat tax (31,4 %) | 10 000 € | 12,8 % | 1 280 € | 1 860 € | 3 140 € |
| Barème 11 % + abattement 40 % | 6 000 € | 11 % | 660 € | 1 860 € | 2 520 € |
| Barème 30 % + abattement 40 % | 6 000 € | 30 % | 1 800 € | 1 860 € | 3 660 € |
Le barème avec abattement est plus avantageux que la flat tax uniquement si votre TMI est à 0 % ou 11 %. À partir de la tranche à 30 %, la flat tax est moins chère. Et depuis la LF 2026, l’option barème n’est plus irrévocable : vous pouvez tester les deux sur impots.gouv.fr et revenir au PFU si le barème s’avère moins favorable. Consultez notre guide flat tax vs barème 2026 pour comprendre comment faire ce choix.

Retrouvez aussi notre guide crédit d’impôt dividendes étrangers, notre checklist déclaration 2026, notre guide des nouveautés 2026 et nos guides par courtier : Interactive Brokers, Degiro, Trade Republic, eToro, Freedom24, ProRealTime et Swissquote.
Non. L’abattement ne s’applique jamais automatiquement. Vous devez cocher la case 2OP de votre déclaration 2042 pour opter pour le barème progressif, ce qui déclenche l’abattement sur vos dividendes éligibles. En l’absence de cette case, la flat tax de 31,4 % s’applique par défaut et l’abattement n’existe pas.
Non. Les ETF UCITS domiciliés en Irlande (comme les fonds iShares, Vanguard, Amundi domiciliés en Irlande) ne sont pas soumis à l’impôt sur les sociétés irlandais. Leurs dividendes distribués ne bénéficient donc pas de l’abattement de 40 %. Ils sont à déclarer en case 2TS et non en case 2DC.
Non. Les REIT (Real Estate Investment Trusts) américains bénéficient d’un régime fiscal spécifique qui les exonère partiellement de l’impôt sur les sociétés aux États-Unis. Leurs dividendes ne remplissent pas la condition d’être distribués par une société soumise à l’IS, et sont donc exclus de l’abattement de 40 %. Ils doivent être déclarés en case 2TS.
Non. L’abattement de 40 % ne s’applique qu’à la composante impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026) restent calculés sur le montant brut total des dividendes, sans aucun abattement.
En case 2DC de votre formulaire 2042, pour leur montant brut. L’administration applique automatiquement l’abattement de 40 % sur cette case quand vous avez coché 2OP. Les dividendes non éligibles (REIT, SIIC, ETF irlandais) sont à déclarer en case 2TS.
Oui. FlashFiscal identifie la nature de chaque ligne de dividende depuis votre relevé courtier et ventile automatiquement les montants entre la case 2DC (dividendes éligibles) et la case 2TS (dividendes non éligibles comme les REIT et ETF irlandais) dans vos formulaires générés.




