RealT liquidation : c’est l’annonce qui secoue la communauté de l’immobilier tokenisé depuis jeudi. Le co-fondateur Jean-Marc Jacobson a confirmé, lors d’un appel communautaire diffusé sur YouTube, l’engagement d’une procédure de liquidation volontaire des LLC américaines détenant les biens du portefeuille RealT. Cette décision concerne directement près de 14 000 investisseurs français, selon le cabinet Delomel.

Qu’est-ce que la liquidation de RealT ?
La liquidation de RealT désigne la vente organisée de l’ensemble des biens immobiliers détenus par les LLC de la plateforme. Jean-Marc Jacobson l’a annoncé sans détour lors du community call : la société va vendre chaque actif, avec l’aide d’un expert en cours de recrutement. Il a précisé ne pas avoir de visibilité sur la fiscalité qui s’appliquera à ces cessions.
Les propriétés situées à Detroit, qui représentent 83 % du parc selon RealT, seront traitées en priorité. Les biens les plus dégradés devraient être vendus en premier, probablement avec une décote importante sur leur valeur.
L’information n’a fait l’objet d’aucune communication officielle sur le site de RealT ni d’aucun mail aux détenteurs de tokens. Elle a circulé uniquement via Telegram et YouTube, ce que plusieurs investisseurs jugent contraire aux obligations d’information dues aux souscripteurs.
Pourquoi RealT liquide-t-elle son portefeuille ?
RealT liquide son portefeuille sous la pression d’un contentieux judiciaire ouvert à Detroit depuis juillet 2025. La ville poursuit la société pour violations du code immobilier et arriérés d’impôts sur près de 408 propriétés. Ce dossier a fragilisé un modèle qui n’avait, de l’aveu même de son fondateur, pas été conçu pour une sortie aussi rapide.
Un fiduciaire aux pouvoirs étendus depuis avril 2026
En avril 2026, un accord entre RealT et la ville de Detroit a conduit à la nomination d’un fiduciaire indépendant, Charles Bullock. Il gère désormais les quelque 700 biens du portefeuille et dispose de pouvoirs étendus : il peut financer des rénovations via un compte séquestre, vendre des actifs pour lever du cash, ou faire démolir des bâtiments jugés dangereux.
Ce compte séquestre ne contient toutefois qu’environ 640 000 dollars, une somme faible au regard de l’ampleur des travaux nécessaires. La seule intervention du fiduciaire a déjà coûté 178 000 dollars sur ses deux premiers mois de gestion.
Selon RealT, un investisseur aurait qualifié les frères Jacobson d’« escrocs » auprès du fiduciaire, ce qui l’aurait poussé à se rémunérer directement sur les loyers des propriétés plutôt que via les fondateurs. Cet épisode serait l’élément déclencheur de la décision de liquidation volontaire.
Combien d’investisseurs français sont concernés par la liquidation de RealT ?
Environ 14 000 investisseurs français sont concernés, sur un total mondial estimé à 22 000 clients. Ces chiffres proviennent du cabinet Delomel, qui coordonne une action collective en France sur ce dossier.
Le versement des intérêts hebdomadaires, historiquement présentés au-delà de 10 % annualisés, est suspendu depuis plusieurs mois. Une plainte pénale a par ailleurs été déposée auprès du procureur du pôle financier du tribunal judiciaire de Paris. Les deux gérants de RealT, Rémy et Jean-Marc Jacobson, seraient établis entre la France et le Panama.
L’inscription au collectif pénal coordonné par le cabinet Delomel est facturée 360 euros par plaignant.
Que peuvent faire les investisseurs français de RealT ?
Les investisseurs français peuvent rejoindre l’action collective portée par le cabinet Delomel ou attendre l’issue de la procédure de liquidation. La récupération des fonds s’annonce longue et incertaine, car les taxes impayées, les frais administratifs et les frais juridiques pèsent déjà lourdement sur les LLC du groupe.
Ces charges réduisent d’autant les montants susceptibles d’être restitués aux détenteurs de tokens à l’issue des ventes. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour le remboursement des porteurs de parts.
Quelle leçon tirer de l’affaire RealT pour l’immobilier tokenisé ?
L’affaire RealT rappelle que la tokenisation ne supprime pas les risques immobiliers traditionnels. Vacance locative, entretien du bâti et conformité réglementaire restent des facteurs déterminants, quelle que soit la couche technologique ajoutée par-dessus.
Fondée en 2019 par Rémy et Jean-Marc Jacobson, RealT s’était imposée comme un acteur de référence des Real World Assets (RWA), avec des tickets d’entrée dès 50 dollars et des loyers reversés en USDC. Cette liquidation illustre les limites d’un modèle bâti sur des LLC américaines et concentré sur un marché immobilier fragile comme celui de Detroit. Pour approfondir les mécanismes de la tokenisation d’actifs réels, notre rubrique Cryptomonnaies regroupe nos analyses sur le sujet.
Pour un suivi détaillé et vérifié de ce dossier, on vous recommande le blog de Cryptoast, qui a recueilli les premières réactions du cabinet Delomel.
Questions fréquentes
RealT est une plateforme fondée en 2019 qui propose d’investir dans l’immobilier américain via des tokens ERC-20, avec des tickets d’entrée dès 50 dollars et des loyers versés en USDC.
RealT liquide son portefeuille sous la pression d’un contentieux judiciaire ouvert par la ville de Detroit depuis juillet 2025 pour violations du code immobilier et arriérés d’impôts.
Environ 14 000 investisseurs français sont concernés, sur un total mondial estimé à 22 000 clients selon le cabinet Delomel.
Les investisseurs peuvent rejoindre l’action collective coordonnée par le cabinet Delomel, facturée 360 euros par plaignant, en attendant l’issue de la procédure de liquidation des actifs.




