Instagram gagne en nombre de publicités : depuis quelques mois, on peut en voir deux passer lorsqu’on regarde des stories ou des Reels. Mais le réseau social de Meta semble aller plus loin auprès de nombreux utilisateurs : des publicités qu’on ne peut pas passer. Une expérimentation qui date déjà d’il y a plusieurs mois, mais qui paraît se généraliser, ce qui n’est pas sans provoquer des frustrations du côté des utilisateurs.
Instagram force encore un peu plus avec la publicité
Depuis quelques semaines, Instagram semble instaurer un « ad break » auprès d’un certain nombre d’utilisateurs, notamment en France. En clair, impossible de passer la publicité qui s’affiche dans certains cas. Un compte à rebours de trois à cinq secondes s’affiche et il faut attendre avant de pouvoir consulter le prochain Reel de son fil de recommandation. Et si on essaie de scroller, le compte à rebours se stoppe. En cliquant sur le « I » à côté du compte à rebours, on peut lire : « Vous voyez une coupure publicitaire. Les coupures publicitaires sont une nouvelle façon de voir des publicités sur Instagram. Il se peut que vous deviez parfois visionner une publicité avant de continuer votre navigation. » L’astuce si ça vous arrive dans les stories : quittez les stories pour y revenir juste après. Un autre compte à rebours peut désormais prévenir d’une publicité impossible à couper qui arrive.

En juin 2024, Instagram confirmait tester les publicités « non-sautables » auprès de TechCrunch, après que des utilisateurs les aient signalées. Au départ, ces tests étaient surtout contenus aux États-Unis notamment, mais depuis quelques semaines, ils semblent être arrivés en France. On ignore combien de comptes sont touchés à l’heure actuelle.
Des utilisateurs qui se plaignent de ses publicités impossibles à passer, mais pas seulement
Sur les réseaux sociaux, ça commence à gronder chez les utilisateurs d’Instagram. On trouve plusieurs témoignages sur X d’utilisateurs mécontents : ces publicités « deviennent follement agaçantes sur les stories », se plaint un certain Duran sur X. Un autre ajoute : « tu peux pas skip la story de pub mais je vais péter un câble ».
Et il n’y a pas que les publicités à passer qui sont au coeur des critiques : la quantité des autres publicités, plus classiques, en fait également partie. Des utilisateurs racontent avoir deux, trois, voire quatre messages commerciaux entre deux stories ou deux Reels.
Certains disent être dégoutés d’utiliser l’application, n’arrivant pas à voir les publications de leurs amis dans leur fil, jonché de publicités. Tant et si bien que des créateurs sur Instagram se mettent à moquer ces publicités intempestives. Tout en regrettant qu’Instagram ne mette pas en place un système de monétisation de leurs contenus.

À lire également : Instagram a-t-il ruiné le voyage ? Manon Bril tente de répondre à la question dans un documentaire sur YouTube
Pourquoi Meta a choisi ces publicités invasives
Une pratique qui vient de… YouTube, qui impose depuis très longtemps des publicités avec un compte à rebours. Depuis quelques années, la plateforme vidéo propose YouTube Premium, un abonnement qui permet, entre autres, de ne plus avoir de publicités. Instagram semble suivre la même voix et c’est logique : le réseau social s’est entièrement tourné vers la vidéo (au format vertical) avec les Reels, qui peuvent durer jusqu’à plusieurs minutes. Snapchat aussi s’est mis à ces publicités et ce, dès 2018. Depuis, l’abonnement payant Snapchat+ est arrivé et sa version platine (plus chère) permet de se passer de toutes les publicités.

En novembre 2024, Meta modifiait sa politique de confidentialité pour Facebook et Instagram et instaurait officiellement les publicités « non-skippables », comme le notait RTL. Meta explique que si elle n’a pas assez de données sur un utilisateurs pour personnaliser une publicité, alors « nous introduirons également des pauses publicitaires afin de permettre aux annonceurs de toucher un public plus large. » L’entreprise poursuit en expliquant que « certaines publicités affichées dans le cadre d’ une expérience moins personnalisée seront impossibles à ignorer pendant quelques secondes. » Meta se justifie en ajoutant que beaucoup de ses concurrents font la même chose : « cette évolution nous permettra de continuer à offrir de la valeur aux annonceurs et de garantir aux utilisateurs une expérience publicitaire moins personnalisée, et ce gratuitement. Et pour échapper à toutes les publicités, il faut souscrire un abonnement mensuel à 5,99 euros (sur le web, 7,99 euros sur iOS et Android).

En clair, Meta semble avoir mis en place ces publicités invasives en réponse à sa défaite face à l’Union européenne, qui l’a forcé à laisser ses utilisateurs choisir de ne voir que des publicités non-ciblées. Un énorme manque à gagner pour le géant derrière Facebook, Instagram ou encore WhatsApp. L’entreprise y voit l’opportunité de vendre des publicités plus chères, même si elles ne sont pas personnalisées. Auprès de RTL, elle se justifiait en expliquant que cela lui permettait de continuer à « proposer une expérience gratuite ». Ce seraient donc principalement les utilisateurs qui choisissent de ne pas avoir de publicités personnalisés qui sont touchés par ces publicités « non-skippables ». Contacté par Rotek, Instagram n’a pour le moment pas répondu à nos questions.




