Panthalassa est une startup américaine basée dans l’Oregon qui développe des data centers IA flottants, alimentés uniquement par l’énergie des vagues. Fondée en 2016 par Garth Sheldon-Coulson et Brian Moffat, l’entreprise a annoncé début mai 2026 une levée de 140 millions de dollars menée par Peter Thiel, valorisant la société à près d’un milliard de dollars.
L’idée de Panthalassa part d’un constat simple. La demande en électricité des infrastructures d’intelligence artificielle augmente plus vite que les réseaux terrestres ne peuvent en absorber. Plutôt que de chercher un terrain, un raccordement électrique et un permis de construire, Panthalassa emmène directement ses serveurs au milieu de l’océan Pacifique.
Comment fonctionne un node Panthalassa ?
Un node Panthalassa transforme le mouvement des vagues en électricité grâce à une turbine interne, sans aucune pièce mobile exposée à l’eau de mer. La structure ressemble à une sucette géante posée à la verticale : un tube en acier de 50 à 80 mètres plonge sous la surface, surmonté d’une sphère de 15 à 30 mètres de diamètre qui flotte au niveau de l’eau.

Quand le node bouge avec la houle, l’eau est poussée à travers le tube jusqu’à un réservoir sous pression situé dans la partie haute. Ce mouvement fait tourner une turbine et génère jusqu’à un mégawatt d’électricité en continu. Cette énergie alimente directement des puces d’IA logées dans un compartiment étanche, refroidi par l’eau de mer environnante.
Contrairement aux anciens projets d’énergie houlomotrice, Panthalassa n’essaie pas de renvoyer l’électricité vers la terre ferme. Les résultats des calculs effectués par l’IA embarquée sont transmis par satellite, notamment via le réseau Starlink de SpaceX. C’est cette absence de câble sous-marin qui permet à l’entreprise d’éviter les coûts de transmission, historiquement le principal obstacle de l’énergie des vagues.
Pourquoi installer un data center Panthalassa en pleine mer plutôt que sur terre ?
Panthalassa mise sur l’océan car les data centers terrestres se heurtent à des files d’attente de raccordement électrique de 4 à 7 ans dans de nombreuses régions américaines. Une enquête Redfin citée par plusieurs médias indique que 47% des Américains s’opposent à l’implantation d’un data center IA près de chez eux. En pleine mer, ces contraintes de permis, de voisinage et de réseau électrique disparaissent.
L’eau de mer sert aussi de système de refroidissement gratuit, ce qui évite de puiser dans les réserves d’eau douce. Plusieurs États américains, dont le Texas et l’Arizona, durcissent justement leurs règles sur l’utilisation industrielle de l’eau pour le refroidissement des serveurs.
Panthalassa n’est pas la première entreprise à explorer cette voie. Microsoft avait testé des serveurs sous-marins au large de l’Écosse avec son projet Natick, avant d’arrêter la recherche en 2024. Des entreprises chinoises exploitent aussi des data centers sous-marins près de Hainan et de Shanghai, mais ces projets utilisent surtout l’océan pour refroidir, pas pour produire de l’électricité.
Qui finance et à quelle hauteur ?
Panthalassa a levé 140 millions de dollars en Série B début mai 2026, portant le total de ses financements à 210 millions de dollars. Le tour de table est mené par Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, et réunit d’autres noms connus de la tech.
Parmi les investisseurs figurent John Doerr, la société TIME Ventures de Marc Benioff (patron de Salesforce), SciFi Ventures de Max Levchin, ainsi que Super Micro Computer et Hanwha. Founders Fund et Lowercarbon Capital, déjà investisseurs historiques, ont renouvelé leur participation. L’entreprise compte aujourd’hui 120 employés, avec plusieurs profils venus de SpaceX et de Tesla.
Quand les data centers Panthalassa seront-ils déployés en mer ?
Panthalassa prévoit de tester son prototype Ocean-3 dans le nord de l’océan Pacifique courant 2026, avant un déploiement commercial visé pour 2027. L’entreprise a déjà fait voler trois générations de prototypes : Ocean-1 en 2021, Ocean-2 lors d’un essai en mer de trois semaines au large de l’État de Washington en 2024, puis Wavehopper.
Le financement doit notamment servir à construire une usine pilote près de Portland, dans l’Oregon, pour fabriquer les nodes en série. Plusieurs incertitudes subsistent malgré tout, en particulier la capacité des structures à résister aux ouragans, à l’usure liée au sel et au mouvement permanent sur plusieurs années.
Pour suivre les autres avancées de l’intelligence artificielle, notre dossier sur les modèles IA d’Anthropic détaille les usages liés à l’infrastructure de calcul. Plus de détails techniques sur Panthalassa sont disponibles sur Data Center Dynamics.
Questions fréquentes
Panthalassa est une startup américaine qui développe des data centers IA flottants, alimentés par l’énergie des vagues et refroidis par l’eau de mer, sans connexion au réseau électrique terrestre.
Panthalassa a levé 140 millions de dollars en Série B en mai 2026, menée par Peter Thiel, portant son financement total à 210 millions de dollars pour une valorisation proche d’un milliard de dollars.
Les données sont transmises par satellite, principalement via le réseau Starlink de SpaceX, car les nodes n’ont aucune connexion câblée vers la terre ferme.
Le prototype Ocean-3 doit être testé dans le nord du Pacifique en 2026, avec un déploiement commercial prévu pour 2027.




