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C’est désormais la Chine qui possède le supercalculateur le plus puissant du monde

Ce 23 juin 2026, le Centre national de calcul intensif de Shenzen a annoncé avoir installé le supercalculateur le plus puissant du monde. Il dispose d’une capacité de 2,198 exaflops et est l’ordinateur le plus puissant du monde, dans les mains de la Chine, une première depuis 2017.

LineShine, le supercalculateur le plus puissant du monde est chinois

De son petit nom LineShine, ce gros ordinateur a fait ses débuts publics lors du classement TOP500 publié à l’ISC 2026, où il apparaît en première place avec une performance soutenue HPL de 2,198 exaflops (ou 2 198 pétaflops), franchissant pour la première fois la barre des 2 exaflops en performance soutenue sur cette mesure. Avant LineShine, la tête du classement était tenue par El Capitan, comme l’explique The Verge, une machine américaine utilisée notamment pour la simulation nucléaire, qui recule à la deuxième place dans la liste de juin 2026. La dernière fois qu’un système chinois dominait le TOP500, c’était avec Sunway TaihuLight en 2017, puis la présence chinoise au sommet a marqué un retrait pendant plusieurs années.

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Kevin Ache via Unsplash

LineShine s’appuie sur des processeurs LX2 (en architecture Arm locale), un interconnect propriétaire nommé LingQi, un système d’exploitation Kylin et une plateforme logicielle interne, ce qui lui permet d’atteindre 2,198 exaflops en HPL en mobilisant des millions de cœurs et environ 42 MW de puissance électrique. Les responsables du TOP500 indiquent que la machine a atteint environ 80% de son pic théorique pendant les tests. Ces 42 MW de consommation sont énormes : à titre de comparaison, le deuxième du classement (El Capitan) consomme « seulement » 29,7 MW.

Pourquoi ce succès n’est pas évident pour la Chine

On pourrait aisément se dire que ce n’était pas très difficile pour la Chine d’arriver à se hisser en haut de ce classement très disputé. Après tout, le pays a d’excellents ingénieurs et de l’argent à mettre là-dedans. Il s’agit donc d’un succès technique, mais aussi politique, rappelle Wired : d’une part, il montre la capacité de la Chine à construire des systèmes de très haute performance sans dépendre des processeurs ou accélérateurs fournis par les grands acteurs occidentaux comme Intel, AMD ou Nvidia. D’autre part, il illustre une stratégie de souveraineté industrielle, visant à réduire la dépendance aux composants étrangers tout en développant des interconnexions et logiciels nationaux.

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En effet, depuis plusieurs années, les États-Unis et leurs alliés ont imposé des contrôles sur la vente de puces et d’accélérateurs haut de gamme vers la Chine, compliquant l’accès aux GPU et composants essentiels dominés par des entreprises américaines, ce qui contraint Pékin à développer des alternatives locales. Par exemple, Huawei avait lancé l’année dernière l’Ascend 910D, concurrente de la Nvidia H100, puce dédiée au marché chinois que Nvidia ne pouvait plus vendre en Chine à cause des taxes à l’exportation imposées par Trump.

Les performances de LineShine sont surtout pertinentes pour les calculs scientifiques traditionnels et moins directement indicative des capacités pour les charges modernes d’intelligence artificielle où les GPU restent prépondérants ; sur certains benchmarks orientés IA ou mixed-precision, LineShine se classe derrière des systèmes équipés d’accélérateurs spécialisés.

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