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Elon Musk veut un revenu universel pour compenser le chômage généré par l’IA

L’IA ne génère pas que du texte, des images, voire des vidéos : elle génère aussi… du chômage, à cause des gains de productivité. C’est précisément pour cela qu’Elon Musk souhaiterait instaurer un « revenu universel élevé » selon ses propres mots. Troll ou réelle volonté politique ?

Un « revenu universel élevé » pour palier le chômage du à l’intelligence artificielle : la nouvelle idée d’Elon Musk

Tout part d’un tweet du principal intéressé sur le réseau social dont il est propriétaire, X, ce 17 avril : « Un revenu universel élevé, versé sous forme de chèques émis par le gouvernement fédéral, constitue la meilleure solution pour faire face au chômage causé par l’IA. » Une vision déjà évoquée lors du Forum d’investissement saoudo-américain en novembre dernier, où il expliquait que les emplois deviendraient « facultatifs ».

Selon lui, « L’IA et la robotique produiront des biens et des services bien supérieurs à l’augmentation de la masse monétaire, ce qui évitera toute inflation. » Pour l’homme d’affaires, propriétaire de xAI, société spécialisée dans l’intelligence artificielle qui édite le chatbot Grok, les gains en productivité seront tels, qu’ils dépasseront l’inflation « naturelle ». Il fait même un pari osé : « l’IA et la robotique permettront à chacun de posséder un penthouse s’il le souhaite », et prédit « une abondance incroyable ». Pour l’homme d’affaires, le revenu universel est même une nécessité, comme il l’explique en réponse à un internaute : « il faut effectivement distribuer des dollars à la population, sinon il y aura une désinflation massive. »

Une idée qui peut fonctionner ? Tout le monde n’est pas du même avis

Au regard des gains de productivité énormes pour le moment promis par l’IA et la robotique, l’idée semble bonne. Verser plus d’argent, réduire le temps de travail, le tout pour éviter une inflation record et un chômage de masse, cela faisait déjà partie des discussions lors du passage aux 35 heures en France, comme le relatait le sociologue Jean Viard dans Le Sacre du temps libre. C’était aussi l’avis d’un certain candidat à l’élection présidentielle en 2017 : Benoît Hamon défendait l’idée d’un revenu universel comme réponse à la précarité, mais aussi à la transformation du travail et à sa robotisation.

Seulement voilà, le revenu universel voulu par Elon Musk ne met pas tout le monde d’accord. Par exemple, Sanjeev Sanyal, économiste, mais aussi conseiller politique principal du gouvernement indien, s’y est opposé dans une déclaration sur X. Pour lui, l’intelligence artificielle et la robotique créeront à long terme de nouveaux emplois. Il invoque également le sophisme d’une masse fixe de travail : pour l’économiste Paul Krugman, il n’y a pas une masse de travail à partager entre les travailleurs. Enfin pour Sanjeev Sanyal, ce type de revenu universel ruinerait les gouvernements qui le mettraient en œuvre.

À la fin, ce seront les géants de la tech qui resteront riches

Comme l’a rappelé la professeure honoraire à l’UCL Policy Lab Noreena Hertz dans les colonnes du Monde, d’autres géants de la tech y seraient plutôt favorables. Que ce soit du côté de Google, de Microsoft et même d’OpenAI. Elle explique que « les principaux architectes de l’IA reconnaissent ouvertement qu’ils créent des systèmes dont la capacité à générer de l’abondance matérielle pourrait aussi anéantir de larges pans du marché du travail. »

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Alors, Elon Musk et le reste des géants de la tech seraient-ils devenus communistes à force d’utiliser Grok, Gemini ou ChatGPT ? Absolument pas. Tous veulent conserver un modèle avec des sociétés privées qui créent et gèrent des outils d’intelligence artificielle et des robots, avec la propriété intellectuelle et les profits qui vont avec. Des gains qui resteraient dans ce petit groupe fermé d’entreprises américaines. Et pour le moment, c’est bien ce qu’il se passe : les IA rapportent à xAI, Google, Microsoft ou encore OpenAI, la productivité augmente, mais le chômage aussi. Quant aux salaires, ils augmentent très fortement, mais seulement pour une poignée d’ingénieurs très prisés par ces géants (parfois à coups de centaines de millions de dollars sur les fiches de paie promises).

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