Le vidéaste RIAN a mené une petite enquête sur le langage des députés de l’Assemblée nationale. Il s’est rendu compte que l’adjectif « crucial » prenait de plus en plus de place dans leurs discours. Un terme très souvent utilisé par… ChatGPT.
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L’adjectif « crucial » s’impose dans les discours à l’Assemblée nationale, depuis l’arrivée de ChatGPT
Dans sa courte vidéo publiée ce 4 mars 2026, RIAN explique que « crucial » est un adjectif que GPT-4o adore utiliser. Un modèle de langage d’OpenAI lancé en mai 2024, gratuit pour un certain nombre d’utilisations, abandonné depuis quelques semaines par ChatGPT. Le vidéaste a donc compilé toutes les interventions à l’Assemblée nationale transcrites pour connaître l’évolution de l’utilisation de cet adjectif.
Les chiffres sont très clairs : l’usage de la formulation « joue un rôle crucial » a augmenté de 861% entre 2017 et aujourd’hui. Quant à la formule « il est crucial de/que », elle est quatre fois plus utilisée depuis 2017. Sur les graphiques partagés par RIAN, on se rend compte qu’il y a un très fort regain à l’arrivée de GPT-4o, en mai 2024. Le youtuber l’assure : « ce n’est pas une preuve, c’est un signe », puisqu’on ne parle là que d’un seul terme étudié sur des milliers.
Les personnalités politiques utilisent de plus en plus ChatGPT et se mettent à le reconnaître
RIAN rappelle qu’en 2025, une recherche scientifique analysant les discours des parlementaires britanniques concluait que depuis l’arrivée de ChatGPT, certains termes étaient devenus très utilisés. Autre élément troublant : ces termes sont aussi très utilisés par… ChatGPT. Non, il n’y a pas que les communicants, ceux qui peinent à rédiger des mails ou les médias qui se mettent à utiliser massivement l’intelligence artificielle générative. Les personnalités politiques et celles qui les aident dans la rédaction de leurs discours aussi.

Pour le youtuber, « potentiellement, ce n’est pas bien méchant et un peu drôle, mais ça veut dire que l’IA influence au moins légèrement la manière dont on parle dans le débat public. » RIAN ne peut s’empêcher d’ouvrir le débat : et si les idées et les lois réfléchies par les députés étaient conçues avec de l’intelligence artificielle ? N’y aurait-il pas certains dangers à cet usage de ChatGPT ? Pour le moment, on peut repérer ces failles, mais jusqu’à quand ?




