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Huawei : risque pour la vie privée des utilisateurs

Alors que Huawei a connu un exercice 2018 brillant notamment marqué par la sortie du P20 Pro en mars, de récentes déclarations du gouvernement américain écorné l’image de la marque chinoise. Les États-Unis accusent effectivement Huawei d’espionnage, ce qui amène de nombreux pays à envisager d’exclure les produits chinois du marché. Faut-il réellement craindre pour la vie privée des utilisateurs d’appareils Huawei ?

Le duo Samsung-Apple mis à mal par le constructeur chinois

Inconnue des Français il y a peu, Huawei est une entreprise chinoise spécialisée dans les télécommunications. Elle est surtout connue à travers le monde pour ses smartphones, et notamment pour leur rapport qualité-prix imbattable, faisant d’eux de sérieux concurrents aux smartphones d’Apple et Samsung.

Réalisant l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’international, Huawei a connu une année 2018 particulièrement encourageante. Marquée notamment par un volume de vente supérieur aux iPhone d’Apple, cet exercice historique pour le constructeur est toutefois entaché par des accusations d’espionnage. Certains pays comme les États-Unis ou la France ont d’ailleurs exprimé la possibilité d’exclure les smartphones Huawei du marché si ces soupçons se révélaient fondés.

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Huawei répond aux accusations occidentales

Face aux accusations émanant des États-Unis notamment, Huawei n’a pas tardé à répondre par la voix de Ren Zhengfei, grand patron de la marque. Celui-ci a déclaré que Huawei n’avait aucun intérêt à espionner ses utilisateurs et que son soutien personnel au Parti communiste chinois ne sous-entendait pas de connivences entre l’État chinois et la marque de télécommunication. Il ne s’est d’ailleurs pas privé d’une déclaration acerbe à l’encontre du président Donald Trump, lui rappelant à cette occasion que s’il voulait voir des entreprises étrangères investir aux États- Unis, il avait tout intérêt à bien les traiter sur le plan médiatique.

Au-delà de cette réponse, il est intéressant de noter que la dernière allocution publique du patron de Huawei remontait à 2014, signe que ces accusations représentent une grosse épine dans le pied pour Huawei d’un point de vue commercial, et pour la Chine d’un point de vue politique.

La question de la 5G au cœur du débat

Et si la cause de ces accusations d’espionnage n’était pas tant politique que commerciale ? C’est en tout cas la thèse défendue par certains spécialistes du marché des télécommunications qui s’interrogent sur la question du déploiement de la 5G.

En effet, Huawei serait technologiquement capable de déployer des appareils compatibles 5G très rapidement et à très grande échelle. Cependant, par « peur de l’espionnage », plusieurs pays commencent à interdire l’importation des smartphones Huawei. Il pourrait donc simplement s’agir d’une diversion politique puisque d’après certains experts ce boycott de la marque aurait simplement pour objectif de ralentir sa croissance et de laisser le temps à d’autres sociétés de développer leurs propres terminaux compatibles 5G. L’enjeu est effectivement de taille puisque la 5G et les terminaux compatibles sont indispensables au déploiement de nouvelles technologies telles que les voitures connectées ou encore les appareils de domotique.

Protéger son téléphone contre le piratage, un réel enjeu

Ce boycott des États-Unis relayé dans les grands médias révèle en réalité une véritable problématique de sécurité numérique : nos vies sont aujourd’hui entièrement traçables numériquement !

Tous les services que nous utilisons au quotidien passent par internet et principalement par nos smartphones. Le fait qu’une entité étatique ou privée puisse avoir accès à nos données fait froid dans le dos et c’est sur cette peur que jouent les États qui interdisent progressivement l’importation de produits Huawei. Le piratage peut toutefois se manifester à une autre échelle, la menace pouvant provenir de multiples sources.

Certains sites tels que MonPetitForfait mettent d’ailleurs en garde les utilisateurs de smartphones contre le piratage. Un nombre croissant d’acteurs publics commencent également à sensibiliser leur audience aux problématiques de sécurité numérique. Les menaces peuvent notamment exploiter la connexion en Bluetooth ou aux réseaux Wi-Fi publics. Il est ainsi particulièrement recommandé de désactiver ces connexions lorsqu’elles ne sont pas sollicitées. De la même manière, il faut être vigilant au niveau des applications installées et utilisées sur les smartphones. Avec la quantité d’applications disponibles sur les différentes plateformes, les éditeurs inconnus sont légion. Il est donc nécessaire de prendre des précautions pour éviter d’autoriser l’accès à ses données sensibles.

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