Après trois mois de test du Galaxy Z Fold 8, le constat est simple : c’est le premier Fold que j’utilise vraiment comme un smartphone classique. Son format court et large rend l’écran extérieur enfin confortable, et l’écran intérieur se réserve aux moments où il apporte quelque chose.
Attention à la nomenclature, car Samsung a brouillé les pistes. Le Z Fold 8 n’est pas le successeur direct du Z Fold 7 : ce rôle revient au Z Fold 8 Ultra, plus grand et mieux équipé en photo. Le Z Fold 8 se place entre le Z Flip 8 et le Z Fold 8 Ultra. Il vise ceux qui trouvaient les Fold classiques trop longs et trop étroits une fois fermés. C’est le fameux format « passeport » qu’on trouve sur l’iPhone Duo ou encore le Xiaomi 18 Fold.
Fermé 80 % du temps : est-ce enfin un vrai smartphone ?
C’est la question qui compte, parce que c’est comme ça que je l’utilise la grosse partie de la journée. Répondre aux messages, utiliser Citymapper, consulter un e-mail : tout se fait fermé, sur l’écran extérieur de 5,5 pouces. Son format 10:16 ressemble à celui d’un téléphone ordinaire, et le clavier laisse enfin assez de place aux pouces.



Sur les anciens Fold, l’écran extérieur était si étroit qu’on finissait par ouvrir l’appareil pour taper trois mots. Ici, ce réflexe disparaît. Pour faire simple : le Fold 8 fermé n’est plus un écran de secours, c’est un smartphone à part entière. Le format compense aussi le poids. Avec 201 g, c’est le Galaxy Z Fold le plus léger jamais commercialisé, et ses proportions proches d’un passeport le rendent facile à tenir d’une main. Ses 9,7 mm d’épaisseur fermé se sentent un peu plus dans une poche de jean, mais rien de très embêtant. Par contre ouvert, il fait 4,5mm on a presque peur de la casser tellement il est fin !
Quand je l’ouvre, c’est pour deux usages bien distincts. À la verticale, l’écran de 7,6 pouces devient une page : je l’utilise pour lire des articles, mais aussi pour Instagram et TikTok, dont les vidéos gagnent en présence. À l’horizontale, il sert à YouTube et Netflix principalement, mais aussi du multi-tâches, pas souvent, mais ça arrive.

C’est là que le format 4:3 de l’écran intérieur montre son intérêt. Les vidéos en 16:9 laissent moins de bandes noires que sur un Fold classique, presque carré une fois ouvert. On a moins l’impression de regarder un film sur une tablette mal adaptée.
Le compromis existe tout de même. En usage vertical, le contenu de certaines applications paraît un peu tassé, ce qui oblige à faire défiler davantage. J’aurais aussi aimé un écran plus luminieux, malgré les 3 000 nits annoncés par Samsung, je le trouve un léger à l’exterieur.
Le pli et la charnière tiennent-ils après trois mois ?
C’est la question qui fâche, est-ce qu’on voit le pli, après 3 mois d’utilisation ? Le pli central reste à peine perceptible. Samsung l’attribue à sa structure « Flex Titanium », qui associe un film et une plaque en titane sous la dalle. Sur un pliable, c’est le point qui inquiète le plus à l’achat, et c’est celui qui m’a le moins préoccupé à l’usage.
Petite frustration : au-delà de 110 degrés environ, le Fold 8 s’ouvre tout seul jusqu’à plat. Je le regrette, car ce format aurait été idéal pour des usages en double écran, comme l’émulation de consoles à deux écrans.

Quelques réserves demeurent. La certification IP48 protège contre une immersion en eau douce, mais le « 4 » ne couvre que les particules de plus de 1 mm : la plage reste une mauvaise idée. Enfin, le stylet S Pen n’est toujours pas pris en charge.
Photographie : là où le Galaxy Z Fold 8 fait ses économies
Pour commencer, la position du module photo m’agace régulièrement en main, on le touche facilement quand on l’utilise que ce soit d’une ou des deux mains. Mais mon principale regret, n’est pas la position du module photo, mais c’est le module en lui même.

Le Fold 8 se contente de deux capteurs de 50 Mpx, un grand-angle stabilisé et un ultra grand-angle, sans téléobjectif. Le « zoom de qualité optique 2x » annoncé correspond en réalité à un recadrage du capteur principal.





En plein jour, les photos sont réussies. Les couleurs restent toutefois trop saturées à mon goût, avec parfois une dominante jaune. Au-delà du zoom x4, la qualité devient limite. Pour être tout à fait honnête, à ce prix, l’absence de téléobjectif se remarque, d’autant que le Fold 8 Ultra embarque un capteur de 200 Mpx et un zoom optique x3.


Une astuce reste propre aux pliables : l’écran extérieur sert de retour vidéo pour se filmer avec les capteurs principaux, bien meilleurs que la caméra selfie.

Performances et One UI 9 : fluide, mais pas toujours frais
Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 et ses 12 Go de mémoire vive ne m’ont jamais fait défaut au quotidien. L’interface reste fluide, et le grand écran permet d’afficher trois applications côte à côte quand le besoin s’en fait sentir. En jeu ou en utilisation un peu soutenu, la situation change. Le téléphone chauffe nettement lors de mes sessions, ce qui s’explique par un châssis trop fin pour bien dissiper la chaleur. C’est quelques choses qui m’es arrivé couramment de trouver le téléphone chaud.
Le Fold 8 tourne sous Android 17 et One UI 9, avec sept ans de mises à jour promises. Samsung met en avant des fonctions d’IA dites « agentiques », comme Gemini Intelligence ou Now Nudge. Ça ne révolutionne toujours pas nos journées, mes c’est toujours sympas de temps en temps.
Autonomie et recharge : une journée, sans marge
La batterie de 4 800 mAh progresse par rapport aux 4 400 mAh du Fold 7. Comme je l’utilise surtout fermé, elle tient une journée pleine sans difficulté. Dès que l’écran intérieur reste longtemps allumé, à 120 Hz et luminosité élevée, l’autonomie descend beaucoup plus vite que sur un smartphone classique.
Du côté de la recharge, ça a nettement progressé : 45 W en filaire. Samsung annonce 63 % en une trentaine de minutes. Le chargeur adapté est cependant vendu séparément, et une charge complète reste plus lente que chez certains concurrents chinois avec le Honor Magic V6 par exemple.
Prix et disponibilité
Le Galaxy Z Fold 8 est disponible en France officiellement au prix de 1 999 euros en 256 Go, 2 199 euros en 512 Go et 2 399 euros en 1 To. Il existe en graphite, crème et lavande, ainsi qu’en pistache en exclusivité sur la boutique en ligne de Samsung.
Mais il est désormais disponible à partir de 1599€ sur le site officiel (avec le code ZSERIES)et même à partir de 1 345€ sur Amazon




