Les services de coabonnement Spliiit et Sharesub ont lancé conjointement une pétition sur le site de l’Assemblée nationale ce lundi 12 octobre. Leur objectif : obliger les services en ligne, dont les plateformes de SVoD, à autoriser le partage de comptes. Ce alors même que ces dernières sont de plus en plus restrictive sur ce point, et que Spliiit a été condamné il y a quelques mois par le Tribunal judiciaire de Paris pour contrefaçon de marques et concurrence déloyale.
Ce que demande la pétition de Spliiit et Sharesub
La pétition, déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale sous le numéro 7210, réclame l’inscription dans la loi du « droit à la libre disposition des accès » achetés dans le cadre d’un abonnement numérique comportant plusieurs flux ou places. Concrètement, une place payée pourrait être attribuée à la personne choisie par l’abonné, sans être limitée par des critères jugés ambigus comme le foyer ou la famille. Il serait alors impossible pour Netflix de ne pas autoriser le partage de comptes entre appareils qui ne sont pas dans le même foyer.

Dans le texte de la pétition, les fondateurs de Spliiit et Sharesub, Jonathan Lalinec et Jean-Brice Cazenove, mettent également en cause les nombreuses hausses tarifaires de ses services. Ils visent essentiellement les services de SVoD, de streaming musical, de jeux vidéo ou encore de logiciels. Ils expliquent que face à ça, « les consommateurs s’organisent et se tournent vers les offres multi-utilisateurs, vendues comme permettant plusieurs accès, afin de partager leurs abonnements avec d’autres utilisateurs. »
Selon eux, cela s’inscrit dans un contexte où le pouvoir d’achat diminue et ces offres groupées « procurent au fournisseur un revenu total plus élevé et sont par ailleurs nettement moins résiliées ». En 48 heures, la pétition a déjà recueilli plus de 10 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale.
Spliiit et Sharesub tentent de sauver leurs affaires
Spliiit et Sharesub ne lancent pas cette pétition dans un contexte neutre : les deux plateformes de partage d’abonnements sont directement menacées par les actions judiciaires des grands acteurs du numérique. Spliiit a notamment été condamnée en juin 2026 à une amende de 780 000 euros, après des poursuites engagées par Apple, Netflix et Disney, qui contestent son modèle consistant à mettre en relation des abonnés avec des inconnus.

Les deux entreprises rappellent toutefois que le tribunal judiciaire de Paris aurait établi en mai que l’activité de coabonnement n’était pas illicite en elle-même. Si elles présentent leur pétition comme un moyen de sortir d’une zone grise juridique, c’est aussi un moyen de transformer en débat législatif un différend commercial.
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